Milieux aquatiques continentaux

Le grand cycle de l'eau  © Agence française pour la biodiversité /  Matthieu Nivesse (d'après OIEau), 2018
AFB, M. Nivesse (d'après OIEau), 2018

L’eau couvre les 3/4 de la surface de notre planète. Elle constitue les rivières, les eaux souterraines, les lacs, les mers, les océans. Elle est présente dans les sols et constitue les êtres vivants. Sous toutes ses formes, l’eau participe au cycle de l’eau.

Le milieu aquatique est caractérisé par des habitats (berges, fonds, courants), des populations végétales et animales et par la qualité physico-chimique de l’eau (température, nutriments, etc). Cet ensemble est fortement influencé par le climat, la géologie, l’ensoleillement et la végétation. Les lacs et les cours d’eau, mais également les zones inondables ou humides (marais et tourbières) constituent des écosystèmes aquatiques.

Accès rapide : cours d'eau, plans d'eau, zones humides et eaux souterraines.

Dossier pédagogique sur l'eau et les milieux aquatiques
En savoir plus sur le cycle de l'eau et le bassin versant (eaufrance.fr)

Cours d'eau

Les cours d’eau sont des milieux naturels complexes. Ils assurent l’écoulement des eaux et des sédiments de l’amont vers l’aval ainsi que le drainage naturel des terres. Ils offrent des habitats naturels assurant la vie et la reproduction des espèces aquatiques ; ils constituent parfois de véritables réservoirs de biodiversité. Les cours d’eau sont donc protégés et régis par le Code de l’environnement afin de permettre le maintien de leur bon état écologique et d’un environnement de qualité. L’article L.210-1 de ce code rappelle que « l’eau fait partie du patrimoine commun de la nation. »

Caractéristiques

Dynamiques et mobiles, les cours d’eau évoluent tout au long de leur trajet et au fil du temps. Ils transportent, depuis leur source, des roches, graviers, cailloux, sédiments (sables, limons, argiles) et de la matière organique dissoute ou particulaire qui façonnent son tracé et offrent des habitats diversifiés pour les espèces aquatiques, qui participent ainsi à la biodiversité. Leur bonne santé physique – ou bon fonctionnement hydromorphologique – se caractérise le long de leurs cours par une succession d’eaux turbulentes, courantes et lentes, une morphologie variée et une continuité écologique respectée.

Quelles menaces pèsent sur ces milieux ?

Les cours d’eau sont affectés par de nombreuses pressions telles que les ouvrages transversaux (seuils, barrages, ponts…) et longitudinaux (digues, protection de berges, rectification du cours d’eau) ; la suppression de la ripisylve ; la modification du régime hydrologique du cours d’eau (prélèvement d’eau, lâcher d’eau) et par les pratiques et usages à l’échelle du bassin versant (pollution diffuse, artificialisation des sols, érosions des sols, transport de sédiments fins). Ces divers facteurs altèrent la qualité morphologique et donc écologique des cours d’eau et constituent les principaux obstacles au bon état écologique.

Chiffres clés

L’ensemble des rivières françaises représente une longueur totale de 623 464 km dont :

  • 428 906 km en France métropolitaine (données 2014) ;
  • 182 093 km en Guyane (données 2011) ;
  • 3 717 km en Guadeloupe (données 2009) ;
  • 4 156 km en Martinique (données 2004) ;
  • 3 566 km à la Réunion (données 2012) ;
  • 1 027 km à Mayotte (données 2013).

(Données : BD Carthage (IGN) - 2014 / Source : Sandre, Décembre 2015)

Plans d'eau

Qu’est-ce qu’un lac ?

Dans sa plus simple définition scientifique, un lac est toute cuvette naturelle ou artificielle, remplie d’eau, sans connexion directe avec l’océan (le terme de lagune étant réservé à ce cas). Pour éviter toue confusion, le terme d’étang pourrait être réservé aux plans d’eau vidangeables munis d’une bonde, à usage piscicole. Au sens limnologique, le terme de lac s’applique aussi bien aux lacs d’altitude, aux lacs de barrage ou lacs-réservoirs qu’aux grands lacs de plaines ou aux « étangs »méditerranéens, voire aux mares de forêts. Il regroupe donc des plans d’eau très variés mais qui sont tous régis par les mêmes processus de base. Les lacs se distinguent par leur réponse aux conditions externes (telles que la température). Ils se différencient aussi des fleuves par leur stratification thermique et l’absence de gradient gravitaire, e.i. de courant. Bien que les lacs naturels ne représentent qu’environ 0,01% du volume total d’eau existant sur la terre, leur immédiate disponibilité pour les usages humains a rapidement focalisé l’attention des scientifiques il y a plus d’un siècle. (Source : Pourriot et Meybeck, 1995, Limnologie générale)

Un lac pour le Sandre

Le Service d'administration nationale des données et référentiels sur l'eau (Sandre) apporte une définition des plans d’eau : « Les plans d’eau désignent une étendue d’eau douce continentale de surface, libre stagnante, d’origine naturelle ou anthropique, de profondeur variable. Ils peuvent posséder des caractéristiques de stratification thermique."

Biens et services

De nombreux biens et services sont dépendants de la qualité de l’eau et de la biodiversité associée comme les ressources (poisson, eau potable), la qualité de vie des riverains et les nombreuses activités de tourisme et de loisir.

Quelles menaces pèsent sur ces milieux ?

Les plans d’eau sont affectés par de nombreuses pressions telles que l’eutrophisation (augmentation des apports en nutriments depuis le bassin versant), les micropolluants, le changement climatique, l’artificialisation des apports et des sorties d’eau (turbinage), l’artificialisation des berges… Ces pressions engendrent une diminution de la qualité de l’eau et donc de la biodiversité qui en dépend tous comme des biens et services que l’homme en tire. Et ces pressions constituent les principaux obstacles au bon état écologique.

Chiffres clés

L'ensemble des plans d'eau français représente une surface totale de 623 000 ha dont :

  • 352 000 ha en France métropolitaine ;
  • 38 000 ha en Guyane,
  • 1 600 ha en Guadeloupe,
  • 326 ha en Martinique,
  • 435 ha à la Réunion,
  • 24 ha à Mayotte.

Données : BD Carthage (IGN) - 2014 / Source : Sandre, Décembre 2015 / https://www.eaufrance.fr/les-lacs-etangs-et-autres-plans-deau

Zones humides

Les zones humides sont des zones de transition entre la terre ferme et l’eau libre. Leurs caractéristiques principales sont :

  • la présence d’eau douce, saumâtre ou salée,
  • un sol saturé en eau
  • la présence d’espèces animales et végétales caractéristiques des milieux humides (roseaux, amphibiens...).

Caractéristiques

Les zones humides ont la particularité de rendre aux humains des services primordiaux:

  • régulation des crues,
  • recharge des nappes et soutien d'étiage ("éponges"),
  • protection des soles,
  • épuration de l'eau,
  • refuge pour les espèces.

Quelles menaces pèsent sur ces milieux ?

48 % des sites emblématiques présentent des milieux humides qui se dégradent entre 2000 et 2010 (ONB)

Les pressions sont nombreuses :

  • destruction, dégradation ou homogénéisation des habitats : fragmentation des cours d'eau, rythme du drainage agricole,
  • espèces invasives,
  • pollutions,
  • pression démographique,
  • surconsommation des ressources,
  • conséquences du changement climatique.
En savoir plus > Comment évoluent les pressions subies par les milieux humides ? (ONB)

Chiffres clés

  • Superficie  estimée  de  zones  humides  en  France  :  3  millions  d’hectares (Métropole et Outre mer),
  • 50 % des oiseaux dépendent des zones humides et 30 % des espèces végétales remarquables et menacées,
  • 60 % de la superficie des zones humides les plus connues sont couvertes par le réseau Natura 2000 et 4 % par des protections nationales,
  • 42 zones humides sont inscrites sur la liste des zones humides d’importance internationale (label Ramsar)

Source : Ministère du développement durable, 2012

Eaux souterraines

Les fluides jouent un rôle fondamental dans la plupart des processus physicochimiques qui affectent la croûte terrestre ; avec les rivières, les aquifères souterrains occupent une fonction centrale dans ce système.
La diversité des roches réservoirs, ou aquifères, combinée à celle des climats et des paysages, entraîne une grande variété de nappes d’eau souterraine, à la fois en taille, en profondeur et en comportement.

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