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Outre-mer / Priorités d'actions 2019-2023

Les départements et régions d’outre-mer (DROM) présentent des enjeux particuliers liés à la sauvegarde de leur biodiversité exceptionnelle, mais particulièrement menacée. L’AFB leur apporte un appui spécifique.

L’agence accompagne la mise en œuvre des outils de la politique de l’eau et de la biodiversité qui s’y appliquent (directive cadre sur l’eau, directive Eaux résiduaires urbaines, Aires marines protégées, art. 113 de la loi Biodiversité, conventions de mers régionales…).
En termes de besoins opérationnels, il s’agit de contribuer à la reconquête du bon état des milieux aquatiques continentaux et littoraux et de leur biodiversité, et à l’usage durable des ressources naturelles.

Ces territoires font face à des contraintes :

  • structurelles : retard ou non mise en œuvre de certaines politiques, spécificités sociales et naturelles, important retard de connaissance scientifique...,
  • financières et techniques, réduites et insuffisantes.

La programmation RDI Outre-mer de l’AFB concentre ses moyens sur certains axes forts. Cette feuille de route est structurée en 2 axes thématiques :

  • compréhension et évaluation de l’état, du fonctionnement et de la biodiversité des milieux aquatiques (thèmes 1 et 2),
  • outils pour la reconquête des eaux, des milieux aquatiques et de leur biodiversité, et pour la transition vers des usages durables et solidaires (thèmes 3 à 7).

Par ailleurs, une ouverture vers la biodiversité terrestre et intégrée (approche bassin versant, continuum terre-mer, agroécologie) est souhaitée et à construire. L’aspect ingénierie écologique, déjà présent pour les milieux aquatiques, sera à étendre aux milieux terrestres. Les outils socio-économiques et les démarches d’aide à la décision seront également à prendre en compte pour tous les milieux.

Feuille de route Recherche, développement et innovation / Référent: olivier.monnier @ afbiodiversite.fr

1.  Évaluation de l’état écologique

Objectif général et enjeux : poursuivre le développement des méthodes d’évaluation de l’état écologique des eaux, des milieux et de leur biodiversité, adaptées aux contextes des Outre-mer.

La finalité est de rendre compte de l’efficacité des mesures de gestion de l’environnement portées par différentes politiques publiques comme la directive cadre sur l’eau (DCE), la politique de gestion des Aires marines protégées (AMP), les réserves et les parcs nationaux, ou l’Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor).
Ainsi l’objectif est de doter les DROM d’une diversité suffisante d’outils d’évaluation les plus utiles pour la préservation ou la reconquête du bon état des eaux, des milieux et de la biodiversité. Ces outils doivent tenir compte des pressions les plus présentes sur les bassins versants et dans les eaux littorales, et cibler les éléments de qualité biologiques ou physico-chimiques les plus informatifs vis-à-vis de ces pressions. La conception de ces outils est opérée de manière mutualisée entre les différentes politiques publiques concernées.

Finalités opérationnelles

  • 1.1. Adapter ou développer des indicateurs de l’état physico-chimique
  • 1.2. Finalisation du développement des indicateurs biologiques continentaux, en particulier indicateurs « amphihalins » en cours d’eau
  • 1.3. Développer des indicateurs biologiques pour les estuaires de Guyane
  • 1.4. Développer des indicateurs biologiques pour les eaux littorales (DCE, Ifrecor, AMP)
  • 1.5. Réaliser des guides de mise en œuvre des méthodes de surveillance et d’évaluation prescrites réglementairement
  • 1.6. Assurer l’animation de groupes de travail « science-gestion milieux » transversaux à différentes politiques : récifs coralliens, herbiers, mangrove…
  • 1.7. Réaliser des synthèses des séminaires des groupes de travail technique à destination des gestionnaires des milieux aquatiques (Mangrove, récifs coralliens…)
  • 1.8. Rédiger un Comprendre pour agir sur le fonctionnement des écosystèmes aquatiques d’outre-mer à destination des gestionnaires de bassins et d’aires protégées

2. Suivi de la qualité chimique

Objectif général : développer des méthodes de suivi de la qualité chimique adaptées au contexte des DROM.

L’évaluation de la qualité chimique des milieux aquatiques, tout comme l’évaluation de la qualité écologique, peut être appréhendée selon deux angles :

  • réglementaire, la DCE ou la politique de gestion des Aires marines protégées impliquant la surveillance de l’état chimique,
  • prospectif, sur des besoins de connaissance scientifique, de développement et d’innovation permettant de rejoindre avec efficacité les objectifs généraux d’évaluation de la qualité chimique des milieux, et d’anticiper sur les futurs besoins de contrôle et de diagnostic de risques.

Finalités opérationnelles

  • 2.1 Adapter les méthodes de suivi de l’état chimique (échantillonneurs passifs, en lien avec Aquaref)
  • 2.2 Quantifier les transferts de polluants de la terre vers la mer

3. Contamination chimique

Objectif général : développer des méthodes de réduction de la contamination au mercure, au chlordécone et autres polluants chimiques.

Les gestionnaires de bassins ont besoin d’outils pour limiter les flux de polluants dans les bassins versants. Pour cela, un réseau national de sites pilotes pour la caractérisation des transferts de pollutions diffuses, avec pour finalité la mise à disposition d’outils de gestion, existe au niveau métropolitain et mériterait d’être étendu aux DOM, en particulier concernant la problématique de la remédiation à la pollution au chlordécone (Antilles) et autres substances (ensemble des DROM), mais également concernant le cas particulier du mercure (Guyane).

Finalités opérationnelles

  • 3.1 Remédier à la pollution au mercure en Guyane
  • 3.2 Remédier à la pollution au chlordécone aux Antilles

4.  Traitement des eaux usées et de gestion des eaux pluviales

Objectif général : adapter au contexte tropical ou concevoir des techniques de traitement des eaux usées et de gestion des eaux pluviales.

Enjeux

Les pollutions ponctuelles constituent une cause majeure d’impact sur la biodiversité des DROM, y compris dans les eaux côtières. Le contexte insulaire implique  une gestion adaptée de l’assainissement et une valorisation locale des déchets produits (boues, matières de vidange).

Finalités opérationnelles

  • 4.1 Concevoir des systèmes fondés sur la biodiversité pour le traitement secondaire des eaux usées et la fourniture d’autres services écosystémiques
  • 4.2 Gérer le temps de pluie en contexte tropical

5 . Débits minimums biologiques, ressources hydriques et halieutiques

Objectif général : déterminer les débits minimums adaptés à un bon fonctionnement des écosystèmes et à une gestion durable des ressources hydriques et halieutiques.

Enjeux

Les prélèvements d’eau sont la principale pression contrariant l’atteinte du bon état des cours d’eau dans les DROM insulaires. Cependant, les bases scientifiques permettant la gestion de cette pression ne sont pas encore acquises. Il convient de :

  • finaliser les acquisitions de connaissances nécessaires à la définition d’indicateurs de gestion quantitative,
  • et faire le lien avec les exigences écologiques de maintien et de reconquête du bon état.

Finalités opérationnelles

  • 5.1 Déterminer les débits minimum biologiques

6. Restauration des écosystèmes aquatiques

Objectif général : développer les outils nécessaires à la restauration des écosystèmes aquatiques.

Enjeux

Les prélèvements d’eau et les obstacles sur les cours d’eau, les pollutions diverses et les déchets pour l’ensemble des écosystèmes, contrarient l’atteinte du bon état des eaux et des milieux dans les DROM insulaires.
Cependant, les bases scientifiques permettant la gestion de ces pressions ne sont pas encore acquises. Des techniques d’ingénierie sont à développer pour rétablir un fonctionnement naturel des cours d’eau et restaurer les écosystèmes littoraux (mangroves, récifs, zones artificialisées…).

Finalités opérationnelles

  • 6.1 Définir les capacités de franchissement des espèces de poissons et de macrocrustacés pour la conception de dispositifs de rétablissement de la continuité écologique
  • 6.2 Développer des techniques de génie végétal pour la renaturation et la restauration des berges de cours d’eau
  • 6.3 Construire une doctrine sur la restauration des écosystèmes littoraux

7.  Espèces exotiques envahissantes

Objectif général : lutter contre les espèces exotiques envahissantes.

Enjeu

Les territoires insulaires, riches d’une biodiversité singulière et fragile (endémisme), sont particulièrement vulnérables aux espèces exotiques envahissantes, qui y constituent une des principales causes d’érosion de la biodiversité. Leur impact peut également être important sur le fonctionnement et les services rendus par les écosystèmes. A cela peuvent s’ajouter des phénomènes tels que les invasions massives de sargasses aux Antilles.
Pour lutter efficacement contre ces pressions, toute une filière est à mettre en place en termes de prévention, de gestion, d’innovation et de valorisation industrielle.

Finalités opérationnelles

  • 7.1 Évaluer l’impact des espèces exotiques d’eau douce pour la gestion des écosystèmes